Scholarly article on topic 'La Cyberdépendance: Cas de l’addiction au réseau social Facebook'

La Cyberdépendance: Cas de l’addiction au réseau social Facebook Academic research paper on "Sociology"

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La Revue Gestion et Organisation
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Keywords
{Cyberdépendance / Internet / Addiction / Facebook}

Academic research paper on topic "La Cyberdépendance: Cas de l’addiction au réseau social Facebook"

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La Cyberdépendance : Cas de l'addiction au réseau social Facebook

jBjy CrossMark

Houssem Edine Nasr a, Kaouther SAIED BEN RACHED

a Doctorant à la Faculté de Sciences Economique et de Gestion de Tunis, Laboratoire de recherche ERMA, Université de Tunis El Manar, Tunisie b Doctorant à la Faculté de Sciences Economique et de Gestion de Tunis, Laboratoire de recherche ERMA, Université de Tunis El Manar, Tunisie

A R T I C L E I N F O

R É S U M É

Article history: Received 03 December 14 Received in revised form 23 March 14 Accepted 29 April 15

Keywords:

Cyberdépendance

Internet

Addiction

Facebook

La démocratisation de l'internet et la forte pénétration des réseaux sociaux dans la vie de tous les jours des internautes a montré un comportement d'addiction au réseau social Facebook. Malgré l'importance de ce phénomène, très peu de recherches en marketing se sont intéressées à son étude. La présente recherche a pour objectif de mesurer l'addiction des internautes aux réseaux sociaux et d'en déterminer les antécédents. La revue de la littérature relative à l'internet a mis en relief que l'estime de soi et la personnalité sont des antécédents psychologiques de l'addiction. L'enquête par questionnaire que nous avons menée sur Facebook auprès d'un échantillon de convenance de 252 internautes a révélé que trois dimensions sur cinq de la personnalité à savoir l'ouverture aux expériences, l'agréabilité et le névrosisme, sont en relation faible avec la cyberdépendance au réseau social Facebook. Par ailleurs, la variable âge et le nombre d'amis sur Facebook sont en corrélation avec la cyberdépendance à ce réseau social.

© 2015 Holy Spirit University of Kaslik. Hosting by Elsevier B.V. All rights reserved.

Peer review under responsibility of Holy Spirit University of Kaslik.

1. Introduction

La naissance du réseau social Facebook a marqué l'univers du Net en offrant un nouveau concept qui ne cesse de se propager dans le monde en général et par voie de conséquence en Tunisie. Les statistiques du site de mesure d'audience Socialbakers montrent que la Tunisie occupe au mois de septembre 2012, la 46ème place mondiale en terme de nombre de comptes Facebook avec plus de 3 157 000 comptes, enregistrant une augmentation de 5,7%, rien que pour les 3 derniers mois. Le taux de pénétration de Facebook en Tunisie se fixe alors à 29,81% de la population tunisienne, sans conteste le plus élevé en Afrique ; il est à peu près l'égal de celui du taux enregistré par l'Allemagne.

Le phénomène de la cyberdépendance à Facebook a été étudié dans le cadre d'approches clinique et thérapeutique plus particulièrement par des psychologues qui ont traité cette question sous des angles différents: un trouble affectant la santé mentale du sujet, un désordre du comportement, un trouble de contrôle des pulsions, ou même une maladie à guérir pour le maintien du bien être mental du sujet. On doit d'ailleurs à (Young, 1998) la première recherche à s'intéresser à la question de l'utilisation excessive et problématique de l'internet sous l'angle de trouble additif vis-à-vis d'un produit technologique. Puis, la démocratisation de l'internet aidant, d'autres chercheurs lui ont emboité le pas pour en faire toute une piste de recherche. Dans le domaine du marketing, les recherches qui se sont intéressées à l'addiction à Facebook sont rares, d' où notre intérêt pour ce sujet et son originalité. Notre recherche est exploratoire et notre approche consiste à étudier le phénomène sous l'angle d'un attachement excessif au réseau social et à en étudier les antécédents. Les antécédents étudiés: sont (1) psychosociologiques renvoyant à des caractéristiques stables de l'individu à savoir la personnalité et l'estime de soi, (2) sociodémographiques, genre et âge, (3) les antécédents liés au média lui-même et (4) le nombre d'amis virtuels et l'activité principale sur le réseau. C'est dans ce sens que nous tenterons d'apporter des éléments de réponse à la question de recherche suivante: « Quels sont les déterminants de l'addiction au réseau social Facebook ? ».

»Corresponding author. Tel.: +21623991668. E-mail address: houssemedinenasr@yahoo.fr Peer review under responsibility of Holy Spirit University of Kaslik.

2214-4234/$ - see front matter © 2015 Holy Spirit University of Kaslik. Hosting by Elsevier B.V. All rights reserved. http://dx.doi.Org/10.1016/j.rgo.2015.07.002

2. Revue de la littérature

L'internet est devenu le canal essentiel de communication personnelle, académique, et de recherche. Il permet, de plus, l'échange d'informations et le divertissement. Alors que les aspects positifs de ce média sont reconnus, il n'en reste pas moins que toute une multitude de problèmes liés à son utilisation à outrance, aussi bien chez soi, que sur le lieu de travail entraînant une cyberdépendance spécialement Facebook. La revue de littérature montre que les antécédents à la formation de la dépendance à Facebook, retenue comme variable à expliquer, sont essentiellement d'ordre psychologique, et que la personnalité de l'individu et son degré d'estime de soi constituent deux principaux déterminants de la cyberdépendance.

Les variables liées au média lui-même, à savoir, sa principale utilisation par le répondant et le nombre d'amis ou de relations virtuelles qu'il amassé, tout en supposant, à ce stade de la recherche, qu'elles peuvent participer à la formation de l'utilisation excessive de Facebook. Enfin, l'âge de l'internaute et son genre peuvent aussi expliquer à l'édification du phénomène à tester.

2.1. La cyberaddiction : définition

Selon Durand et al, (2008, p 339), « l'addiction se caractérise par la dépendance, c'est-à-dire, l'impossibilité répétée de contrôler un comportement, et de sa poursuite en dépit de la préalable connaissance de ses conséquences négatives. Une conduite additive peut donc être liée à des produits, appelés également substances psychoactives tels que : l'alcool, le tabac ou les drogues, ou non, à l'instar de l'addiction au travail notamment ». Selon ces mêmes auteurs, la dépendance (ou syndrome de la dépendance) se reflète par un ensemble de phénomènes cognitifs, physiologiques et comportementaux, qui surviennent suite à une consommation répétée d'une substance psychoactive. La dépendance s'associe, le plus souvent, à un désir puissant de consommation, avec une difficulté d'en contrôler la consommation, même en dépit de la prise de conscience des conséquences nocives. S'inscrivant dans la même veine, l'usage excessif de Facebook trouve ses origines dans l'usage excessif d'internet : selon (Vaugeois, 2006), « l'usage abusif de l'internet est le meilleur prédicateur de la cyberdépendance qui se mesure par des durées prolongées d'usage d'internet ». De ce point de vue, l'usage exagéré de l'internet est le meilleur signal d'alerte de la cyberdépendance en ligne. Ce trouble de comportement est plus présent dans les pays industrialisés, du fait de la précocité de la démocratisation de ce média.

La revue de la littérature en matière de troubles psychologiques aboutit sur l'absence de définition communément acceptée dans la littérature pour l'abus d'internet. Il en ressort que plusieurs termes ont été utilisés par les chercheurs pour décrire l'addiction à internet tels que: la forte dépendance à l'internet, l'utilisation pathologique de l'internet, l'addiction en ligne, l'addiction au net, le trouble de l'addiction à internet. Même si Byun et al (2009) reconnaissent que le terme d'addiction à l'internet est le plus populaire dans cette littérature. Par ailleurs, les recherches sur la cyberdépendance font toutes référence à la dépendance à internet (Scherer, 1997) et s'accordent à partager un sens commun, à savoir la mauvaise utilisation de l'internet, prise plutôt dans un sens pathologique. Ces termes reflètent des conceptualisations divergentes des abus de l'internet et ont utilisé des critères cliniques modifiés à partir du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (Byun et al, 2009). En effet, la définition adoptée par (Li et Chung, 2006) définit l'abus d'internet en recourant à un critère modifié de l'abus aux substances qui est expliqué à travers des facteurs psychologiques amenant à la formation de l'attachement excessif.

2.1.1. L'estime de soi

Rosenberg (1965) considère l'estime de soi comme une composante du concept de soi et le définit comme étant l'ensemble des pensées et sentiments détenus par un individu à son propre sujet, de sa propre valeur, et de son importance. L'étude de l'impact de l'estime de soi sur l'usage problématique de l'internet a été étudiée dans la littérature par (Senol-Durak et Durak, 2011). Il en ressort que de faibles niveaux d'estime de soi sont associés à des niveaux élevés d'usage problématique de l'internet (Stiger et Burger, 2010), par le bais d'un usage plus étalé dans le temps comme moyen d'évasion à des problèmes liés à l'estime de soi (Armstrong, 2000). Meerkerk et al (2010) affirment que l'estime de soi est le meilleur prédicateur de l'utilisation compulsive de l'internet comparés à d'autres variables psychologique telle que l'humeur dépressive.

Du fait que Facebook est un site internet, cela nous permet en nous inscrivant dans le raisonnement d'émettre l'hypothèse suivante: H1 : L'estime de soi est inversement reliée à la cyberdépendance à Facebook

2.1.2. La personnalité

D'après d'Astous et al (2010, p 43), « la personnalité est l'ensemble des caractéristiques psychologiques relativement stables et permanentes qui conduisent une personne à afficher un comportement cohérent ». La théorie des cinq facteurs, distingue cinq dimensions fondamentales qui décrivent la personnalité d'un individu : l'ouverture aux expériences, l'extraversion, l'amabilité, le neurotisme et le caractère consciencieux. Le modèle en 5 facteurs, connu aussi sous l'anglicisme « les Big Five », est un modèle hiérarchique regroupant différents traits de la personnalité humaine qu'il répertorie ou rassemble en 5 grandes composantes, chacune d'elles est composée à son tour par un certain nombre de facettes. Il en ressort sur la base de ce modèle que chacune des composantes constituant la personnalité est une synthèse des facettes qui la composent.

Dans le même sens, Capsi et al, (1998) affirment que les traits de personnalité se traduisent par des différences individuelles dans la manière de penser, se comporter et d'agir. Ceci suppose que la personnalité de l'internaute jouera un rôle clef sur la formation et l'entretien de sa cyberdépendance, si celle-ci existe. Dans cet ordre d'idées, Ross et al (2009) posent l'hypothèse selon laquelle les internautes les plus extravertis sont ceux qui utilisent le plus fréquemment Facebook, y disposent d'une liste d'amis virtuels plus nourrie et intègrent plus de groupes sur le réseau social, du fait de l'inclinaison qu'ils

affichent pour le contact en particulier et des relations humaines en général. Cette idée va dans les sens contraire des résultats de ( Nichols et Nicki, 2004) qui ont trouvé que le sentiment de solitude sociale et l'ennui étaient corrélés à la cyberdépendance telle que mesurée par leur propre échelle de mesure l'IAS (Internet Addiction Scale)

Par ailleurs, les individus qui se caractérisent par un degré plus prononcé d'ouverture aux expériences sont d'importants utilisateurs du réseau et sont friands en termes d'amis. Ceci nous permet de supposer que les caractères extraverti et introverti auront les scores les plus élevés quant à la cyberaddiction à Facebook. D'où notre deuxième hypothèse :

H2 : L'introversion et d'ouverture aux expériences sont des déterminants de la cyberdépendance à Facebook : H2.1 : Le degré d'introversion est positivement lié à la cyberdépendance à Facebook H2.2 : Le degré d'ouverture aux expériences est positivement lié à la cyberdépendance à Facebook

2.1.3. Impact des variables sociodémographiques : l'âge et le genre

Dans leurs travaux de recherche sur la cyberdépendance Chakraborty et al ( 2010) constatent que la majorité des publications académiques sont d'accord sur le fait que les adolescents sont ceux qui s'adonnent le plus au media internet à travers Facebook. Les jeunes ont plus de temps libre que les moins jeunes, n'ont généralement pas de préoccupations professionnelles, et cherchent plus à nouer de nouvelles relations permises par le réseautage social dont Facebook. D'ailleurs, les statistiques fournies par le site (www.Socialbakers.com) confirment cette tendance en Tunisie, puisqu'il affiche que la tranche d'âge des 18-24 ans polarisent 39% des utilisateurs de Facebook. L'âge, est inversement relié à la cyberdépendance en général et à Facebook en particulier.

D'un autre côté, Chakraborty et al (2010) affirment que ce phénomène touche entre 0,3 et 38% des échantillons étudiés avec une large prépondérance pour les hommes par rapport aux femmes. Dans ce même ordre d'idées, Whang et al ( 2003) ayant travaillé sur un grand échantillon de 13588 internautes coréens , ont abouti au résultat selon lequel le pourcentage des addicts de l'internet était plus important parmi les hommes que les femmes. Ceci nous permet de poser les deux hypothèses suivantes :

H3: L'âge du répondant est inversement relié à la cyberdépendance. H4 : Les hommes sont plus cyberdépendants à Facebook que les femmes.

2.1.4. Les activités liées à Facebook : Le nombre d'amis et l'usage principal de Facebook

Ellison et al (2007) abordent la question de l'utilité d'avoir des amis sur Facebook et la formation puis le maintien d'un capital social par le biais de cette activité, et retiennent la première notion comme dimension intégrative dans leur mesure de l'intensité d'usage du réseau social, qui est sensée appréhender l'étendue jusqu'à laquelle les internautes sont été activement engagés sur Facebook, comporte aussi une mesure du temps passée sur le réseau quotidiennement. Ensuite, on peut aussi penser que plus on dispose d'amis virtuels, plus on est tenté de s'enquérir de leurs nouvelles via les discussions instantanées et des séances de chat, et de voir les contenus qu'ils mettent en ligne, surtout s'ils partagent un certain nombre d'intérêts communs. Nous estimons donc que le fait de s'adonner à de telles activités plus couramment et plus longtemps ne peut que les rendre plus vulnérables à la cyberdépendance. Nous pensons qu'il est tout à fait logique de supposer qu'un nombre élevé d'amis sur le réseau constitue autant de relations à entretenir, ce qui peut se traduire par un usage plus intense de ce média de communication.

Ellison et al (2007) établissent une distinction entre deux activités auxquelles se livrent les abonnées de Facebook, qu'ils appellent successivement : la recherche sociale (social searching) et la navigation sociale (social browsing). Ainsi, pendant que la recherche sociale vise à l'utilisation du média pour la recherche de contacts connus en offline, la navigation sociale consiste à la recherche de l'établissement de nouveaux contacts et donc de nouvelles relations en ligne, qui ne sont pas connues en offline pour le sujet en vue d'une ultérieure interaction sociale. Les auteurs trouvent aussi que ces deux activités se classent en tête des activités auxquelles s'adonnent les abonnés du site. Etant ceci, on posera les hypothèses suivantes: H5 : Plus le nombre d'amis sur Facebook augmente plus la cyberdépendance à Facebook augmente

H6 : Parmi les activités Facebook, les individus dont l'activité principale est la recherche et la discussion avec les amis déterminent la cyberdépendance au site.

2.1.5. Schématisation du modèle théorique

Variables

sociodémographiques

Variables psychologiques

Activités liées à Facebook

3. Méthodologie

Cette partie sera consacrée à la présentation de la méthodologie suivie pour atteindre les objectifs de recherche et la validité des instruments de mesure utilisés pour mesurer les construits théoriques qu'on a retenus dans le modèle théorique à tester.

3.1. Echantillon

La variable « Les usages de Facebook » n'existe pas dans la littérature. Elle est issue d'un ensemble d'entretiens semi-directifs auprès d'un échantillon de 20 étudiants Tunisiens dont le but est de connaitre leurs intérêts sur Facebook et leurs usages de ce média.

Un deuxième questionnaire a été élaboré auprès d'un échantillon de 252 répondants connectés aux réseaux sociaux, (Facebook) et choisis selon la méthode de convenance. Les questionnaires sont validés à l'aide du logiciel Google docs. L'échantillon total composé des deux sous-échantillons précités donc de 272 répondants.

3.2. Mesure de la variable dépendante

L'échelle de la cyberdépendance à Facebook est adaptée des travaux de (Nichols et Nicki, 2004) qui comptait à l'origine 31 it ems, qui se sont réduits à seulement 6 items après multiples purifications. Nous allons suivre la démarche de ces auteurs pour la détection des cas de cyberdépendance parmi les répondants à notre questionnaire. Nous qualifierons donc de cyberdépendant tout répondant dont le score obtenu après addition des 6 items de l'échelle dépasse la valeur 30= (5*6), en supposant que notre échelle est additive. La valeur 5 correspond au cinquième point de l'échelle qui coïncide avec la modalité « souvent ». Donc, le cyberdépendant est le répondant qui répond par au moins « souvent » aux 6 items de l'échelle. Il en ressort que 75% des répondants ont obtenu des scores inférieurs à 30. Ces individus ne peuvent pas être qualifiés de cyberdépendants. Toutefois, 2,8% des interrogés réussissent à récolter 30 points et, se situent à la limite de la cyberdépendance aux réseaux sociaux. Les 19,8% restants sont des cas avérés de cyberaddiction, parmi eux 2% constituent des cas d'extrême addiction aux réseaux sociaux.

Tableau 1 : L'échelle de la cyberdépendance

Item Moyenne Ecart-type Contribution factorielle à l'issue de l'AFC

cyb5 4,413 1,997 0,695

cyb7 3,79 2,041 0,682

cyb11 3,357 1,904 0,690

cyb18 3,548 1,996 0,744

cyb19 4,456 1,832 0,696

cyb20 4,036 1,775 0,659

Moyenne de l'échelle= 23,5992 Ecart-type de l'échelle=8,7101 pvc. 0,483 p de Joreskog= 0,85 ade Cronbach=0,848

3.3. Mesure des variables indépendantes

Pour mesurer l'estime de soi, nous avons recouru à l'échelle de (Rosenberg, 1965). Cette échelle est composée d'une dizaine d'items dont cinq inversés, dont les réplications (hormis quelques exceptions) confirment sa structure unidimensionnelle. Pour la mesure de la personnalité nous avons fait appel à celle de (Gosling et al, 2003) développent une échelle réduite qu'ils appellent TIPI (Ten Items Personality Inventory), laquelle se compose de 10 items, dont chacun est mesurée par une échelle de Likert en 7 points allant de « totalement en désaccord » à « totalement d'accord ». Cette échelle, présentée dans ce qui suit, reproduite en annexe, consacre la structure en 5 facteurs, mais se distingue par la consécration de 2 items à chaque dimension de la personnalité, ce qui permet de gagner en temps lors de son administration. Du fait de sa concision, et afin de tirer meilleur avantages de ses bénéfices, nous avons choisi de l'adopter pour mesurer la personnalité.

Pour l'usage de Facebook, nous constatons que cette variable n'existe pas dans la littérature, nous l'avons donc conçue sur la base d'un ensemble d'entretiens semi-directifs auprès d'un échantillon de 20 étudiants qui ne font pas parti de l'échantillon de base. Afin de connaitre leurs intérêts sur Facebook et leurs usages de ce média, on leur a posé la question suivante : que faites-vous sur Facebook ? Leurs réponses ont été les suivantes : publier de la musique, discuter avec les amis, suivre les actualités politiques, suivre les actualités économiques du pays, suivre les actualités du monde, suivre les actualités sportives , suivre les actualités des amis, publier des vidéos de voiture, suivre les vidéos publiées par des amis, se mettre hors ligne, regarder les photos, jouer sur des applications Facebook et écouter de la musique.

Tableau 2 : Les usages Facebook des répondants

Que faites-vous principalement sur Facebook ?

Effectifs Pourcentage Pourcentage valide Pourcentage cumulé

Chercher de nouveaux amis 6 2,4 2,4 2,4

Discuter avec mes amis 79 31,3 31,3 33,7

Suivre les actualités de mes 15 6,0 6,0 39,7

Suivre les actualités 16 6,3 6,3 46,0

économiques du pays

Suivre les actualités internationales 39 15,5 15,5 61,5

Suivre les actualités sportives 27 10,7 10,7 72,2

Suivre les actualités politiques 28 11,1 11,1 83,3

Partager des vidéos diverses 5 2,0 2,0 85,3

Suivre les vidéos publiées par mes amis 1 ,4 ,4 85,7

Suivre l'actualité FB en mode hors ligne 21 8,3 8,3 94,0

Suivre l'actualité FB en mode hors ligne 21 8,3 8,3 94,0

Regarder les photos de mes amis 1 ,4 ,4 94,4

Jouer sur des applications Facebook 5 2,0 2,0 96,4

Ecouter de la musique 2 ,8 ,8 97,2

Partager de la musique 4 1,6 1,6 98,8

Travailler sur Facebook 3 1,2 1,2 100,0

Total 252 100,0 100,0

4. Test des hypothèses et discussion des résultats

Une régression multiple est conduite ayant comme variable à expliquer la cyberaddiction à Facebook et l'estime de soi et comme variable explicative est menée. Il en résulte que (R=0,042, R2 =0,002, et R2 ajusté = -0,002), le test de Fisher n'est pas significatif F(1,252)=0,044, p=0,5. On peut donc dire à la lumière du résultat statistique que la cyberaddiction et l'estime de soi sont indépendantes, ce qui contredit notre hypothèse de départ. H1 est donc infirmée.

Une seconde régression multiple est conduite ayant comme variable à expliquer la cyberaddiction à Facebook et les cinq dimensions de la personnalité comme variables explicatives, introduites en bloc selon la méthode « entrée » du logiciel SPSS. Le test de Fisher est significatif F (5,251)= 9,279, p=0,00, ce qui prouve qu'il existe au moins parmi les variables explicatives testées une qui soit significativement corrélée à la cyberdépendance à Facebook. Par ailleurs, (R=0,398, R2 =0,159, et R2ajusté = 0,142) montrent clairement que la personnalité de l'internaute sur les réseaux sociaux explique 14,2% de sa cyberdépendance vis-à-vis d'eux. Les trois dimensions de la personnalité sont significativement corrélées et inversement reliées à la cyberaddiction à Facebook. L'ouverture aux expériences, la stabilité émotionnelle et à un degré moindre l'agréabilité sont inversement reliées à la cyberdépendance. En d'autres termes, cette variable s'explique plutôt par de faibles niveaux d'ouverture aux expériences, et d'agréabilité et par le névrosisme. Par contre, l'extraversion et par conséquent l'introversion, ne sont pas explicatives de ce phénomène comme nous l'avons postulé plutôt. L'hypothèse H2 est donc partiellement confirmée.

Par ailleurs, seulement 4 répondants au questionnaire avaient moins de 15 ans formant 1,58% de la population enquêtée. Nous j ugeons bon de les écarter de notre analyse, car on estime que son apport en informations est marginal. Nous constatons ensuite qu'un peu plus de la moitié des répondants précisément 52% avaient entre 23 et 30 ans, et 23% plus de 30. Quant à ceux si sont âgés entre 15 et 22 ans, ils composent 23% de notre échantillon. Par ailleurs, nous tenons à rappeler que nous avons supposé dans le cadre de cette hypothèse que l'âge de l'internaute était inversement relié à sa cyberdépendance à Facebook. En d'autres termes, les moins âgés passent plus de temps sur le réseau que les plus âgés. Une ANOVA est exécutée afin de tester cette supposition et aboutit à des résultats satisfaisants (F(2,247)=10,584, p=0,00), et prouvent l'existence d'une relation statistique significative entre les deux variables testées. Le test LSD est exécuté par la suite pour savoir si les différences de moyennes dans les groupes de répondants sont ou non significatives. Ce test est significatif et confirme que les différences de moyennes d'attachement excessif au réseau social sont significativement et inversement reliées à l'âge. L'hypothèse H3 est donc confirmée.

Pour le test de l'hypothèse H4, un test de comparaison de moyennes a été effectué pour se rendre compte si le genre du répondant avait ou non un impact sur son attachement à Facebook. Il s'en suit que les moyennes de cyberaddiction pour les hommes étaient très faiblement inférieurs aux scores des femmes (X =23,324, 0= 8,3013 contre X=23,815, o=9,0424). Etant ceci, la différence de moyenne n'est pas significative (t=-0,44, p=0,658). D'où, l'hypothèse H4 est infirmée.

En ce qui concerne l'hypothèse H5, nous avons supposé que le nombre d'amis virtuels était positivement relié à la cyberdépendance à Facebook. Une ANOVA est exécutée pour apporter une réponse statistique à notre interrogation, dont les résultats sont satisfaisants (F(4,229)=3,426, p= 0,01) affirmant qu'il existe au moins une modalité de la variable indépendante qui soit en relation avec celle dépendante. La question qui se pose pour pouvoir tester notre hypothèse consiste à savoir si les différences de moyennes de cyberdépendance sont significatives. Le test LSD est ensuite mené et montre que la différence de moyenne entre les points extrêmes de l'échelle (les moins de 100 amis et les plus de 1000 amis) est significative au seuil de risque de 5%, ce qui nous amène à confirmer l'hypothèse H5. 28

moins de 100 entre 3 01 et 500 plus delOOO

entre 101 et 300 entre 501 et ÎOOO

Figure 1 : Relation entre le nombre d'amis virtuels et la cyberdépendance à Facebook.

En dernier lieu, nous avons postulé que les individus dont l'activité principale est la recherche et la discussion avec les amis est la principale source de cyberaddiction parmi toutes les autres activités offertes sur le site. Il ressort que, nous informe que la recherche et la discussion avec les amis est à l'origine du le score le plus élevé de cyberaddiction, suivi en seconde position par quelques répondants qui affirment être des techniciens qui travaillent sur le réseau. Le suivi de l'actualité est l'activité qui se trouve la plus faiblement génératrice de cyberdépendance à Facebook. En vue de généraliser ces

résultats l'ANOVA exécutée sur SPSS fournie un résultat satisfaisant (F(4,251)=3,5, p= 0,008), ce qui prouve qu'il existe au moins une activité principale à laquelle se livrent les utilisateurs de Facebook qui soit à l'origine la cyberaddiction. Le test post hoc LSD nous informe aussi que la différence de score de cyberaddiction à Facebook entre ceux qui recherchent en premier lieu des amis et les discussions instantanée est significative avec le groupe qui s'intéresse en premier lieu au suivi de l'actualité sous toutes ses formes : économique, sportive, politique et internationale. L'hypothèse H6 est donc validée.

5. Conclusion

La cyberdépendance à Facebook est un sujet très peu discuté en psychologie clinique et en psychiatrie qu'elles définissent comme un trouble de comportement, lesquelles se sont intéressées beaucoup plus à cyberaddiction à l'internet plutôt qu'à celle du cas particulier du réseautage social. Les résultats empiriques de notre enquête ont montré qu'il n'y a pas de relation entre l'estime de soi et la cyberdépendance à Facebook, et que trois des cinq dimensions de la personnalité sont reliées à de faibles niveaux d'ouverture aux expériences, d'agréabilité et de névrosisme.

De plus, les utilisateurs de Facebook ayant un âge entre 15 et 22 ans sont des cyberdépendants, donc il s'agit bien d'une relation entre la variable sociodémographique âge avec la cyberdépendance à Facebook.

L'enquête aussi a débouché sur une relation entre le nombre d'amis sur Facebook et la cyberdépendance à ce réseau social. D'où, plus le nombre d'amis sur Facebook augmente, plus l'utilisateur est cyberdépendant à ce dernier

La cyberdépendance à Facebook part bien de l'impossibilité répétée de contrôler un comportement et sa poursuite en dépit de la préalable connaissance et ses conséquences négatives (Durand et al, 2008). La théorie sociale nous enseigne que les conséquences anticipées des comportements à entreprendre orientent l'action de l'individu dans le sens de la récompense et l'éviction des punitions. Il est donc tout à fait logique de dire que les individus qui se considèrent et se déclarent comme étant « addicts » à Facebook trouvent « leur compte » lorsqu'ils sont sur le site, ce qui se traduit nécessairement par des sessions de navigations de plus en plus longues. Ils sont motivés à rester en ligne et profitent des fonctionnalités offertes par le site qui permettent d'entretenir cette motivation.

Le choix de l'échelle TIPI de (Gosling et al, 2003) pour la mesure des traits de la personnalité a révélé sa limite, puisque les deux items composant chaque dimension se sont révélées soit faiblement, soit non corrélés. Ce choix méthodologique a été dicté par le relatif faible nombre d'items de cette échelle par rapport aux autres instruments de mesure plus lourds en termes de nombre d'items pouvant atteindre les 240 pour la NEO PI. Pour de futures recherches nous recommandons par exemple, la version brève de Saucier's (1994) de l'échelle de (Goldberg, 1990) de 40 items mesurant les 5 dimensions de la personnalité.

Malgré l'importance du réseau Facebook, les Facebookeurs répondent difficilement à l'enquête, ce qui explique le faible taux au questionnaire remplis, même si le nombre d'individus qui ont mentionné la notion « vu » étant beaucoup plus forte. La taille de l'échantillon demeure ainsi faible par rapport au potentiel de réponse attendue. Nous tentons dans une prochaine étude de donner une solution à une autre limite et élargir la zone d'échantillonnage.

6. Implications managériales et voies futures de recherche

Facebook remplit aujourd'hui, un certain nombre de fonctions et offre tout un tas de possibilités commerciales pour les entreprises. Mis à part, les publicités et les liens commerciaux qu'il offre à sa clientèle, il permet de raffermir les relations des marques avec leur clientèle par la création d'échange de conversations. Le site aussi permet par le biais de la veille commerciale aussi un tremplin pour la création d'opportunités d'affaires, et devient même un passage obligé pour les entreprises qui s'adonnent au gaming (les jeux en ligne) comme technique promotionnelle pour la génération du trafic en ligne afin de lancer un produit nouveau, d'améliorer leur notoriété.

Les individus les plus cyberdépendants à Facebook passent plus de temps sur le site et peuvent servir de vecteurs ou de relais pour des opérations de buzz sur le réseau, étant donné le fait qu'ils disposent d'une liste d'amis plus importante. Ces derniers peuvent ainsi servir de « parfaits candidats » pour mener des actions commerciales pour les entreprises. Les administrateurs de telles activités peuvent aussi être décrits de cyberdépendants.

Annexe

Annexe A : L'échelle de la cyberdépendance à Facebook (Nikols et Niki, 2004)

Énoncé

yb1 J'aimerais passer moins de temps sur Facebook

cyb2 J'ai utilisé Facebook plus longtemps que j'en avais l'intention

cyb3 Maintenant, quand j'utilise Facebook, je ne me sens pas aussi bien que j'en avais l'habitude auparavant

cyb4 Je vois mes amis moins à cause du temps que je passe sur Facebook

cyb5 J'ai manqué de sommeil à cause de mon utilisation de Facebook

cyb6 Je me suis dit à moi-même « encore quelques minutes sur Facebook »

cyb7 Mes études ou mon travail ont souffert à cause de mon temps passé sur Facebook

cyb8 J'ai abandonné un loisir afin d'avoir plus de temps à consacrer à Facebook

cyb9 Parfois, je tente de dissimuler le temps que j'ai passé sur Facebook

cyb10 J'ai le sentiment que la vie sans Facebook serait ennuyante et vide

cyb11 J'ai négligé des choses qui sont importantes et que je dois faire à cause de Facebook

cyb12 Je trouve que j'ai besoin d'utiliser plus Facebook pour obtenir la même satisfaction qu'avant.

cyb13 Plus je passe de temps sans être sur Facebook, plus je deviens irritable

cyb14 Quand j'utilise Facebook, je vis une expérience agréable

cyb15 J'ai manqué l'école ou le travail afin d'avoir plus de temps pour Facebook

cyb16 Facebook a un effet négatif sur ma vie

cyb17 Lorsque je suis sur Facebook, j'ai l'intention d'y rester pour un bon bout de temps

cyb18 J'ai essayé de passer moins de temps sur Facebook, mais je n'ai pas réussi

cyb19 Après avoir utilisé Facebook tard le soir, je me lève plus tard le matin

cyb20 Je me retrouve à faire plus de choses sur Facebook que j'en avais l'intention

cyb21 J'utilise Facebook afin de m'évader de la réalité

cyb22 Je me surprends à penser/désirer me retrouver à nouveau sur Facebook

cyb23 J'aime le plaisir/l'excitation d'être sur Facebook

cyb24 Je sens de la peine quand je ne peux pas passer autant de temps que d'habitude sur Facebook

cyb25 J'ai essayé sans succès de restreindre mon utilisation de Facebook

cyb26 Depuis que j'ai commencé à utiliser Facebook, j'ai remarqué l'augmentation de mon utilisation et non de ma satisfaction.

cyb27 J'ai accédé à plus d'information sur Facebook que je ne l'avais prévu

cyb28 J'ai un désir persistant de diminuer ou de contrôler mon utilisation de Facebook

cyb29 Lorsque je me sens seul, j'utilise Facebook pour parler avec les autres

cyb30 J'utilise tellement Facebook que je dois rattraper par la suite le temps perdu

cyb31 Quand j'essaie de diminuer ou d'arrêter d'utiliser l'internet, l'irritation que je ressens s'estompe lorsque je retourne sur l'internet

Annexe B : L 'échelle d'estime de soi

Item Énoncé

est 1 Je pense que je suis une personne de valeur, au moins égale à n'importe qui d'autre.

est 2 Je pense que je possède un certain nombre de belles qualités.

est 3 Tout bien considéré, je suis porté(e) à me considérer comme un gagnant.

est 4 Je suis capable de faire les choses aussi bien que la majorité des gens.

est 5 Je sens qu'il y a raison d'être fier(e) de moi.

est 6 J'ai une attitude positive vis-à-vis de moi-même.

est 7 Dans l'ensemble, je suis satisfait(e) de moi.

est 8 J'aimerais avoir plus de respect pour moi-même.

est 9 Parfois je me sens vraiment utile.

est 10 Il m'arrive de penser que je suis un individu capable.

Annexe C : L 'échelle de la personnalité

Item Énoncé

per 1 Je me sens comme étant un être extraverti, enthousiaste.

per 2 Je me sens comme étant un être critique, querelleur.

per 3 Je me sens comme étant un être sûr de moi, autodiscipline.

per 4 Je me sens comme étant un être facilement irritable, anxieux.

per 5 Je me sens comme étant un être complexe (difficile), ouvert aux nouvelles expériences.

per 6 Je me sens comme étant un être calme, réservé

per 7 Je me sens comme étant un être sympathique, chaleureux.

per 8 Je me sens comme étant un être désorganisé, négligent.

per 9 Je me sens comme étant un être calme, émotionnellement stable.

per 10 Je me sens comme étant un être classique, non créatif.

Annexe D : Les dimensions de la personnalité

Signification

Dimension R de Pearson

Extraversion -0.117

Agréabilité -0.204

Caractère consciencieux 0.006

Stabilité émotionnelle -0.061

Ouverture aux expériences 0.073

Annexe E : Nombre d'amis virtuels sur Facebook

Fréquence Moyenne Ecart-type

Moins de 100 amis 2,61 17,333 8,238

Entre 101 et 300 29,56 21,103 7,344

Entre 301 et 500 30 23,319 8,688

Etre 501 et 1000 28,26 24,431 8,502

Plus de 1000 amis 9,57 27,136 9,296

23,187 8,481

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